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MAKASOUND CD > A PLACE CALLED JAMAICA

Album Derrick Harriott  

Derrick Harriott
 

Quatre ans après l'année de commémoration des quarante ans de l'Indépendance de la Jamaïque, l'occasion reste excellente pour rendre à certains la place qu'ils méritent dans l'histoire de la musique de cette île. Si Derrick Harriott est connu pour son parcours de chanteur, il l'est un peu moins (particulièrement en France) pour son œuvre globale, des années 1950 à nos jours. Chanteur, compositeur, producteur, promoteur, distributeur et disquaire, il est pourtant incontestablement l'un des grands contributeurs au dynamisme de cette musique. Mais reprenons au début...

Derrick Harriott naît le 6 février 1942 à Kingston (en Jamaïque). Aîné d'une famille de cinq enfants, il fait ses études à l'Excelsior High School dans le courant des années 1950. Ses oreilles sont d'abord aiguisées par les chanteurs de jazz américains (comme Billy Eckstine) qu'il découvre à la radio. Doué pour le chant et la rigolade, il apparaît pour la première fois en public dans sa propre école. Accompagné de son ami Claude Sang au piano et au chant, il attire (en duo) tous les élèves à l'heure du déjeuner...si bien que la Direction lui reproche souvent de distraire un peu "trop bien" l'établissement. A cette même époque se tient un concours de chant pour amateurs, au Palace Theater, Downtown Kingston : le Vere John's Opportunity. En voyant les candidats, Derrick se dit qu'il peut faire mieux qu'eux et se présente avec un titre fraîchement connu du public par The Turbans : "When you dance". Il fait effet mais n'est pas qualifié parmi les deux meilleurs... Il s'inscrit à nouveau peu de temps après avec son compagnon Claude Sang et remporte cette fois le premier prix. Il reprend un blues boogie uptempo chanté à l'origine par The Cliques : " I'm in love ". Astucieux, Derrick n'avait pas choisi ce titre au hasard. C'était un hit tout récent de sound-system. Effet garanti, la foule est en délire ! Nous sommes en 1957, Derrick n'a que 15 ans mais il sait déjà chanter et séduire un public.

En Jamaïque dans les années 50, on écoute beaucoup la radio (la station jamaïcaine ZQI et les radios américaines). Des artistes américains de blues, boogie et plus récemment de Rhythm'n Blues : Louis Jordan, Sam Cooke, The Drifters, The Impressions... Derrick se souvient qu'il écoutait des radios étrangères comme celle de Nashville Tennessee : " Je me rappelle encore les publicités de l'époque. Il y avait notamment ce disquaire de Nashville, Randy's. C'est de là que vient le nom de son successeur jamaïcain ! 1"

Son ami Sang part aux îles Barbades pour ses études ; le duo s'arrête. Derrick lui, continue sur sa lancée et monte son groupe, the Jiving Juniors, formé de trois chanteurs (Maurice Wynter, Eugene Dwyer et Derrick) et un clavier (Herman Sang, le frère de Claude). Le groupe devient rapidement populaire, leur jeu de scène fait fureur, et ils sont vite considérés comme l'un des meilleurs de l'île. Il leur est même arrivé de se produire quatre fois dans la même journée (aux Carib, State, Regal et Ward Theaters) !

L'autre moyen d'écouter des disques à cette même époque, c'est le sound-system. Ces "discothèques mobiles" s'installent un peu partout et se livrent une concurrence féroce. C'est à celui qui rassemblera la plus grande foule et la rendra folle en lançant les derniers tubes étrangers (ramenés des Etats-Unis par leurs propriétaires). Pour se démarquer des autres et diminuer les coûts d'importation des disques US en JA, les concurrents commencent à enregistrer directement les tubes américains avec des musiciens et chanteurs jamaïcains. Ils développent ainsi leurs propres productions, destinées autant à surprendre le danseur en sound-system qu'à être vendus. L'autre trouvaille dans cette perpétuelle compétition est le dub-plate, l'arme des sound men par excellence. Il s'agit d'enregistrer pour la promotion d'un sound une version d'un morceau connu (souvent étranger), reprise par un artiste jamaïcain. Ce dub-plate est pressé sur un exemplaire unique, en acétate, et n'est donc disponible nul part ailleurs. Deux gros sound-systems se dégagent déjà du lot par leurs moyens et leurs renommés : il s'agit de Sir Coxsone The Downbeat (du nom de feu Clement Dodd, futur propriétaire du légendaire Studio One) et Duke Reid The Trojan (ex-policier, fondateur du non moins célèbre label Treasure Isle et inspirateur du label anglais Trojan). Ces deux sound-systems sont en affrontement perpétuel...et Derrick Harriott, par un curieux épisode, va se retrouver entre les deux. Il a en effet enregistré un dub-plate peu de temps avant pour le sound Thunderbird (propriété d'un certain Carlyle), simplement rythmé par un piano et des clappements de mains. Ce titre ("Lollipop Girl") fait un malheur chaque vendredi soir sur Maxfield avenue. Coxsone, qui l'a entendu, le fait enregistrer par d'autres musiciens et s'apprête à le sortir telle une botte secrète en sound-system. Pendant le même temps, Duke Reid fait également enregistrer le morceau par Derrick et les Jiving Juniors. Lorsque Coxsone sort le titre à l'occasion d'un clash entre les deux sounds, sûr de remporter la manche, Duke Reid répond par sa version inattendue et déclenche une telle stupeur chez l'adversaire que la soirée ne passe qu'à deux doigts d'une méchante bagarre ! Derrick est déjà partout...

Après ça, Duke Reid enregistre un autre titre avec les Jiving Juniors ("My Heart Desire") et attend presque un an avant de sortir "My Lolipop girl". Les deux titres sont respectivement n°4 et n°1 au hit parade. Coxsone lui, enregistre avec les Jiving Juniors "Over the River" qui reste longtemps n°1 des charts.

Derrick a donc eu affaire à ceux qui allaient devenir les plus gros producteurs de la décennie 60. Mais ses succès et son goût pour l'indépendance l'ont déjà conduit à être son propre producteur l'année précédente. Il produit "What can I do" lui-même à New-York en 1959 et devient ainsi le premier chanteur jamaïcain producteur ! A New-York, il reforme également les Jiving Juniors (rebaptisés American Jiving Juniors). Ceux-ci enregistrent plusieurs titres comme "Sugar Dandy" et "Don't Treat me Bad" qui deviennent rapidement populaires en JA.

1962, l'année de l'indépendance de la Jamaïque, marque aussi le début de la carrière solo de Derrick. Tout au long des années 1960, un grand nombre de ses titres seront couronnés de succès, tapant régulièrement haut dans le hit-parade ("I Care", "What Can I Do", "I'm Only Woman", "My Three loves", "Close to Me", "Solomon", "Walk the Streets", "The Loser", "Psychedelic Train"...etc). Ses musiciens de studio sont les Crystalites (du nom de son label Crystal). Sur scène, il est accompagné par The Vagabonds, Carlos Malcolm Afro Jamaican Rhythm, Granville Williams Orchestra ou The Mighty Vikings. En parallèle de cette activité d'artiste, il ouvre en 1967 son premier magasin de disques, Derrick's One Stop, au 125 King Street à Kingston (il s'installera plus tard au 86 King Street, à deux pas du magasin des Wailers sur Beeston Street). Il y vend et distribue ses propres productions ainsi que celles de nombreux labels. Bob Marley y traîne souvent, attiré, paraît-il, par la gente féminine qui y est nombreuse... D'ailleurs, un des plus grands regrets de Derrick est de ne l'avoir jamais produit. A partir de 1967, Derrick se met à enregistrer et produire de plus en plus d'artistes, qui deviennent rapidement des vedettes : The Chosen Few, Keith & Tex, Ruddy Mills, The Kingstonians, The Ethiopians...Derrick est le premier à produire le tout jeune Dennis Brown (avec le titre "Lips of Wine"), ce dernier n'ayant pas plus de 12 ans à l'époque ! C'est aussi l'un des premiers à lancer le style DJ avec Scotty, qui toaste sur tous les gros hits de Derrick.

Toujours en action, Derrick, en homme complet, monte sa structure de promotion : The Derrick Harriott Musical Chariot avec lequel il organise des shows réputés à Halfway Tree, au VIP Club. Ces shows ont lieu deux fois par semaine (le samedi et le mercredi) et mélangent le sound-system de son Disco Chariot, des concerts d'artistes et des animations particulières (comme l'élection d'une Miss Chariot). Ils rencontrent un immense succès et deviennent le lieu où il faut passer. "Tout le monde passait là, tous les grands groupes et chanteurs auxquels tu peux penser : Bob Marley, John Holt, Alton Ellis, Lascelle Perkins, Now Generation, Soul Syndicate, Third World... Third World personne ne connaissait quand ils sont passés au VIP club, comme Inner Circle. Il y avait tellement de monde que les gens étaient obligés d'entrer et de sortir... Ca a duré deux bonnes années 1970-71. C'était vraiment une grande époque ! Il y avait même l'élection de Miss Chariot !". C'est ainsi que s'est faite élire par exemple Sheila Hylton, une future chanteuse célèbre en Jamaïque.

Derrick se concentre dans les années 1970 sur la promotion, la distribution et son magasin. Il continue à produire parmi les plus grands artistes de reggae : Junior 'Soul' Murvin, Big Youth, Bongo Herman, I-Roy, U-Roy ... Vers 1976-77, il enregistre à Channel One plusieurs sessions avec Sly & Robbie, sous leur appellation The Revolutionnaries, et produit même le premier album de Sly Dunbar, " Go deh with Riddim ". C'est l'époque de Earl sixteen, Winston McAnuff, les DJ Ray I et Jah Walton (Joseph Cotton). " Malcolm X était un gros titre, écrit par W. McAnuff et chanté par Earl Sixteen. On a été parmi les premiers à introduire Malcolm X en Jamaïque. Les gens n'en avaient que rarement entendu parler avant. ". Il sort aussi un album de dubs ("Scrub a Dub") qui marche fort à l'époque.

Puis les choses se ralentissent dans les années 1980 mais Derrick continue à sortir des titres dont plusieurs rentrent au hit-parade ("Checkin out", "Mariage Licence"). Récemment dans les années 1990, il a produit notamment plusieurs membres du Scare Dem Crew (Elephant Man, Harry Toddler, Boom Dynamite) et bien sûr d'autres artistes. Aujourd'hui, Derrick prévoie d'écrire un livre sur sa vie et sur l'histoire de la musique jamaïcaine. Ce qui ne l'empêche pas de continuer à produire de nouveaux artistes et de développer des projets... avec toujours le même enthousiasme. Que voulez-vous, you can't stop the Chariot !


 Derrick Harriott's Productions
A place called Jamaica
All tracks produced by Derrick Harriott between 1967 and 1976

 Bunny Lee's Productions
A place called Jamaica 2
All tracks recorded between 1967 & 1979 at WIRL, Dynamic, Treasure Isle, Joe Gibbs & Channel One

 

Alton Ellis - Black Roots - Bunny Lee's Productions - Carl Harvey - Delroy Williams - Derrick Harriott's Productions - Leroy Smart - Merger - Mikey Ras Starr - Rub A Dub Soldiers
The Meditations - The Rastafarians - Winston Mc Anuff - Earl Chinna Smith - Junior Murvin - Kiddus I - The Viceroys - Adama Yalomba - Boban I Marko Markovic Orkestar
Curumin - JAVA - La Caravane Passe - Lek Sen - R.Wan - Sig - Sig & Chris Hayward - Sig & Erik Truffaz - Sig, Kus & Stalk
Winston McAnuff - Winston McAnuff & The Bazbaz Orchestra - Bishob meets Manjul - Clive Hunt - Doniki - Faya Horns meet Mad Professor and Joe Ariwa - FC Apatride Utd - Kiddus I - Linval Thompson
Mato présente - Mato présente - Natasja - Niominka BI and N'Diaxas Band - Omar Perry - Takana Zion - Tu Shung Peng - Winston McAnuff - 


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